Vous pensiez que la politique américaine ne vous concernait pas ? Détrompez-vous. La guerre commerciale lancée par Trump est en train de faire flamber le prix de vos rénovations.
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a déclenché une escalade tarifaire sans précédent. Acier, aluminium, bois de construction : les matériaux essentiels à vos travaux sont directement visés. Et les conséquences se font déjà sentir dans les devis des artisans français.
50 % de droits de douane sur l’acier et l’aluminium
Le 4 juin 2025, Trump a doublé les taxes sur l’acier et l’aluminium importés aux États-Unis, portant les droits de douane à 50 %. Une décision qui a provoqué un effet domino sur les marchés mondiaux.
Résultat : les prix de l’acier ont augmenté de 16 % depuis janvier 2025. L’aluminium a bondi de 65 % sur certains indices. Et ce n’est que le début.
Car la désorganisation des chaînes d’approvisionnement mondiales touche aussi l’Europe. Même si la France importe peu directement des États-Unis, elle subit de plein fouet les effets indirects : raréfaction des matières premières, hausse des coûts de production, tensions sur les stocks.
Le bois et les meubles dans le viseur
En octobre 2025, Trump a ajouté le bois de construction à sa liste. Taxe de 10 % sur le bois importé, 25 % sur les meubles et aménagements de cuisine — avec une hausse prévue à 50 % pour les cuisines dès janvier 2026.
Ces droits de douane pourraient entraîner une hausse des coûts de construction d’environ 2 200 dollars par maison aux États-Unis, selon les économistes de Capital Economics. En Europe, l’effet ricochet est inévitable : la volatilité des prix du bois, déjà marquée par des pics de +60 % en 2021, risque de repartir.
Ce que ça change concrètement pour vos travaux
Au premier trimestre 2025, les coûts de production dans la construction ont déjà augmenté de 1,5 % sur un an en France, selon l’INSEE. Les matériaux de rénovation suivent la même tendance : +0,4 % pour les matériaux de rénovation des bâtiments, +2,5 % pour les travaux publics spécialisés.
Et la Fédération Française du Bâtiment prévient : les coûts de rénovation énergétique pourraient grimper de 12 à 20 % avec les nouveaux standards bas carbone et les tensions sur les matériaux.
Traduction concrète : si vous avez un projet d’isolation, de changement de fenêtres ou de rénovation de cuisine, votre devis de 2026 sera plus élevé que celui de 2024. Parfois de plusieurs milliers d’euros.
Pourquoi ça impacte aussi vos loyers
Le lien est direct : quand les coûts de rénovation explosent, les propriétaires répercutent ces dépenses sur les loyers. Surtout dans un contexte où les logements énergivores (classés F ou G) doivent obligatoirement être rénovés pour rester en location.
Un propriétaire contraint de rénover pour se conformer aux normes DPE va chercher à amortir son investissement. Et c’est le locataire qui paiera la note, via un loyer plus élevé ou des charges en hausse.
Ce que vous pouvez faire
Si vous avez un projet de travaux : ne tardez pas. Les analystes anticipent une stabilisation des prix vers 2027, mais d’ici là, la tendance reste haussière.
Si vous êtes locataire : renseignez-vous sur le DPE de votre logement. Un propriétaire qui tarde à rénover pourrait vous imposer des hausses de charges ou un déménagement forcé.
Si vous êtes propriétaire bailleur : anticipez vos travaux de rénovation énergétique maintenant, avant que les coûts ne grimpent encore. Les aides MaPrimeRénov’ peuvent encore compenser une partie de la facture — si elles sont reconduites.
La guerre commerciale de Trump ne se joue pas qu’à Washington. Elle se joue aussi dans votre budget travaux, et bientôt dans votre loyer. Dans un marché déjà tendu par l’inflation et les nouvelles normes environnementales, chaque hausse de tarif sur les matériaux se répercute en cascade jusqu’à votre portefeuille.



